En 2007, 689 plaintes ont été enregistrées à l'encontre de prêtres pédophiles de l'Eglise catholique américaine, pour des faits en général antérieurs aux années 1990, selon un rapport annuel publié vendredi.
Le scandale a coûté 615 millions de dollars l'année dernière aux diocèses et aux communautés religieuses concernées, dont 526 millions pour mettre fin aux poursuites, 23 millions de soutien aux victimes et aux prêtres incriminés et 60 millions de frais d'avocats.
Alors que les dépenses continuent de grimper au fur et à mesure des accords entre les diocèses et les victimes, le nombre de plaintes est en baisse de 3% par rapport à l'année précédente, et de 36% par rapport à 2004.
Seules cinq des plaintes enregistrées l'années dernière concernaient des faits qui se sont déroulés en 2007. Dans 93% des cas, les faits dataient d'avant 1990.
Au total, ces plaintes visaient 491 prêtres ou diacres, dont 58% faisaient déjà l'objet de précédentes accusations déposées par d'autres victimes et 76% étaient déjà décédés ou revenus, de leur plein gré ou non, à la vie laïque.
L'Eglise catholique américaine, qui compte quelque 69 millions de fidèles et doit accueillir le pape Benoît XVI en avril, peine à se remettre du scandale des prêtres pédophiles, qui mine depuis plus de cinq ans sa réputation et ses finances.
Pendant des décennies, les victimes des prêtres, comme la majeure partie des victimes d'actes pédophiles, n'ont pas été écoutées. Les plaintes étaient rares, étouffées, classées ou réglées dans la plus grande discrétion, les prêtres en cause mutés de paroisses en paroisses.
Mais en 2002, un cardinal a reconnu avoir protégé un prêtre dont il savait qu'il était coupable d'attouchements sexuels, et cet aveu a fait l'effet d'une bombe dans la société américaine.
Selon l'organisation "Bishop accountability" ("la responsabilité des évêques"), plus de 4.000 prêtres, sur 42.000 aux Etats-Unis, ont fait l'objet d'une dénonciation. Certains ont été poursuivis et condamnés, parfois pour des attouchements sur des dizaines d'enfants.
Et l'Eglise a adopté en 2002 une charte de transparence et de formation pour éviter de nouveaux abus. Depuis, "les voix des victimes d'abus sexuels par des membres du clergé ont été entendues", a assuré le cardinal Francis George, président de la conférence des évêques américains, en introduction au rapport.
"Personne ne doit plus douter, même les critiques les plus virulents, que l'Eglise a fait beaucoup de chemin" depuis 2002, a renchéri Teresa Kettelkamp, directrice du Secrétariat à la protection de l'enfance et de la jeunesse au sein de la conférence des évêques.
"L'Eglise doit poursuivre ses efforts sans la moindre hésitation", a-t-elle précisé, soulignant le risque qu'une certaine "lassitude" face à la crise pousse les paroisses à relâcher leur vigilance.
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