11.05.2008

Sectophobie

Je voudrais vous faire part de mon inquiétude face à la façon dont nous gouvernent nos dirigeants....Rien de bien nouveau jusque là puisqu'on sait tous que l'une de leurs principales préoccupations est de garder le pouvoir et ce, quitte à manipuler les citoyens que nous sommes au point quasiment de les rendre moutons pure laine... Je suis cependant assez surpris par le revirement actuel de notre gouvernement qui avait ouvert une brêche en faveur des nouvelles minorités spirituelles, ce qui était un bon point car à mon avis la France, à moins de se mettre hors jeu sur le plan international, ne peut pas inpunément s'attaquer aux nouveaux mouvements religieux (le terme "secte" étant condamné par l'ONU elle même...) sauf de rejoindre la Chine et son "Tibet" en matière de non-respect des Droits de l'Homme. 

Les propos d'Emmanuelle Mignon et de Madame Michèle Alliot Marie m'avaient rassuré sur ce point et je me disais que l'on allait enfin entrer dans une nouvelle ère à la "française" où le "politiquement correct" et la "pensée unique" allaient être remplacés par une ouverture d'esprit digne du pays des lumières....

Eh bien, que nenni! A cause du tollé du à ce changement de direction en faveur des nouvelles religions, le gouvernement a fait marche arrière, attaqué qu'il était par les organisations anti-"sectes" (normal puisque elles vivent de ça et sont même payées par nos impôts...) et par des organisations dites laïques qui à mon avis n'ont rien compris au "film" puisque dans les nouveaux mouvements religieux, certains sont athées...on peut très bien en effet croire en l'être humain, être spirituel et ne pas croire en dieu....( voir le Bouddhisme comme exemple ou les Raëliens...). 

Tout ça pour dire donc que le retour du "boomerang" des "anti-sectes" ne s'est pas fait attendre puisqu'un certain député des Yvelines, Monsieur Accoyer propose d'ajouter un alinéa à l’article 6 de l’ordonnance 58-100 du17 Novembre 1958 relatif au fonctionnement des assemblées parlementaires que voici:

"Ne donneront lieu à aucune action en diffamation, pour injure ou outrage, ni les propos tenus ou les écrits produits par la personne tenue de déposer devant une commission d'enquête, sauf s'ils sont étrangers à l'objet de l'enquête, ni le compte rendu des réunions publiques de cette commission fait de bonne foi" 

Ce projet de loi a été voté à l'unanimité par l'ensemble des députés présents, soit une douzaine...la plupart étant bien sûr des anti-"sectes" avérés...(elle est pas belle la démocratie;-)

Je ne suis pas du tout comme vous je suppose un spécialiste de la justice, mais ce texte de loi dit en gros que n'importe qui pourra de son plein gré "déverser" les pires vilenies sur une personne sans en être inquiété puisque profitant de la même immunité que les parlementaires!  

Je vous laisse deviner les dérives dans certains cas litigieux comme les demandes de divorce ou de garde des enfants...ou dans le cas d'un employeur  peu scrupuleux qui voudra se débarasser d'un de ses employés...

Si une telle loi est votée par le Sénat (comme cela est prévu en Juin), la France deviendra une République de "passe-droit" où les personnes de mauvaise foi pourront à leur guise proférer les pires mensonges sans être inquiétées.

Ceci est la définition même du fascisme!!!

Je suppose que comme moi, vous n'avez pas connu de période fasciste...mais si ce bout de texte (qui paraît si inoffensif...) venait à être voté par le Sénat, alors on pourra officiellement crier sans vergogne que la France a posé sa première pierre en matière de régime fasciste...

Notre pays sera alors la risée internationale lorsque celui ci voudra se poser en défenseur des Droits de l'Homme...et on pourra dire sans sourciller que le Tibet se trouve maintenant ici...

                                        Merci de faire passer si vous le pouvez ce texte car pour Moi il y va de l'avenir de notre pays et de sa crédibilité...

 

__._,_.___

22.03.2008

Sectes : une Commission Parlementaire sur les opposants à la liberté de conscience


http://leblogdepierredubarreau.blog.20minutes.fr/archive/2008/03/05/sectes-une-commission-parlementaire-sur-les-opposants-a-la-l.html

Surfant sur la vague de la polémique autour des « sectes », les
habituels acteurs de la lutte contre les nouveaux mouvements religieux
tentent aujourd'hui de relancer un débat qu'ils n'ont pas su faire
progresser depuis plus de 15 ans.

D'abord Monsieur Myard, qui réclame une énième commission parlementaire
sur les sectes (la quatrième depuis 95) alors que les précédentes n'ont
mené à rien, et qu'aucun autre sujet n'a eu plus d'une commission
parlementaire depuis cette date.

Lorsque l'on connait les statistiques dramatiques de consommation de
drogues, les problèmes que pose la surmédication en France, etc., on est
en droit de se poser des questions.

La première commission de 95 avait pondu une liste de 172 mouvements
directement recopiée d'après un document des Renseignements Généraux (un
copier/coller qui coûte cher aux citoyens), liste que les Renseignements
Généraux eux-mêmes ont qualifiée d'impraticable, decriée par tous les
experts, juristes, sociologues de France et qui a provoqué l'indignation
de nombre de nos voisins européens.

La dernière commission a fait choux-blanc, l'administration française
étant dans son ensemble obligée de reconnaître que le problèmes soulevé
n'existait pas (voir ici)

Jacques Myard, Maire de Maisons-Laffitte, voudrait orienter l'eventuelle
commission sur les médecines alternatives, et on pourrait se demander si
d'ailleurs il n'a pas quelques intérêts dans la surmédication (ceci fera
d'ailleurs l'objet de prochaines questions).

Il n'en est pas à son premier coup d'intolérance puisqu'il est l'un des
derniers défenseurs du rétablissement de la peine de mort en France, et
qu'il encourageait en 2006 la France à entrer en guerre contre Israël
(voir ici). Lorsqu'antisectarisme rime avec anti...

Quoi qu'il en soit, l'idée est vite reprise par le député Georges Fenech
qui lui aussi réclame son énième commission sur les sectes.

Alors, posons-nous des questions sur le bien-fondé de telles entreprises.

Etrangement, la première commission parlementaire avait largement
bénéficié (juste avant de dévoiler son rapport) de la publicité que lui
avait faite le drame de l'Ordre du Temple Solaire. Mais s'il y a un
mouvement qui n'était pas dans la liste noire, c'était bien celui-là. A
croire qu'il avait été savament occulté et que la commission avait
échoué (volontairement ?) à faire son devoir de prévention, en se
lançant dans des campagnes de rumeurs sur d'autres mouvements qui eux,
n'avaient jamais présenté de réels dangers dans notre société.

Si l'on cherche les « dérives » dans le cadre de ces activités, il se
trouve qu'on les trouve non pas chez les mouvements mis à l'index, mais
bien chez les instigateurs de la campagne anti-sectes développée depuis
15 ans.

Jean-Pierre Brard, élu PCF, s'en était pris aux témoins de Jéhovah en
2006 et le Secrétaire Général du syndicat policier CFTC avait du le
rappeler à l'ordre dans un communiqué de presse du 23 juillet 2006 :

"Les Témoins de Jéhovah sont des citoyens respectueux des lois
républicaines. II n'y a aucun critère dans leur vie de tous tes jours
qui permet de les classer " secte ". Ils ne créaient aucun trouble à
l'ordre public. Ils travaillent, paient des impôts, participent au
développement économique de notre pays et font des dons à des
associations caritatives. Le mélange de ces personnes issues de toutes
les races et de toutes les origines se rassemblant dans la paix fait
plaisir à voir. Nous n'avons jamais constaté lors de leurs
rassemblements, même si l'on remonte très loin dans le temps, la moindre
bagarre ou altercation qui aurait justifié notre intervention. Si tout
le monde était Témoin de Jéhovah, nous policiers, nous serions au
chômage. Nous comprenons mal la polémique autour du rassemblement des
Témoins de Jéhovah au stade Bollaert à Lens (62). Vouloir interdire ce
type de rassemblement pacifique est une très grave atteinte à la liberté
de culte dans notre pays et une remise en cause très profonde de la loi
de 1901 sur les associations. C'est la porte ouverte sur un clientélisme
religieux et une inégalité de traitement entre Ies différentes
confessions, notamment les trois grands monothéismes en France: Juifs,
Chrétiens et Musulmans. C'est contraire au principe républicain
d'égalité. Demain, en fonction d'Intérêts politiques personnels propres,
on interdira a tels ou tels groupements religieux de se réunir, c'est
inacceptable. Pendant qu'on massacre les Chrétiens du Darfour dans
l'indifférence générale, on tente d'interdire une religion chrétienne en
France. " Michel Thooris, secrétaire général du syndicat Action Police
CFTC.

Anne Hidalgo, élue PS, avait dressé une carte des nouveaux mouvements
spirituels et l'avait fait distribuer avec un appel à la délation. Anne
Hidalgo avait ensuite porté plainte contre Christian Cotten qui avait
divulgué l'information, et a été déboutée par la 17ème Chambre
Correctionnelle de Paris en juillet 2007.

Catherine Picard, elle aussi élue PS et présidente de l'UNADFI, avait
été condamnée par la Cour de Rouen pour diffamation envers les Témoins
de Jéhovah en ce même juillet 2007 pour s'être exprimé « de façon
outrancière et par une présentation tendancieuse jeté le discrédit sur
les Témoins de Jéhovah et (...) tenu des propos excessifs dépassant les
limites admissibles de la libre opinion et exclusifs de toute bonne foi
».

La scientologie, elle, a obtenu un non-lieu en octobre 2007 dans une
affaire instruite depuis 25 ans. L'Etat avait déjà été condamné pour
faute lourde et déni de justice par le TGI de Paris pour avoir fait
durer ce procès au delà d'un temps raisonnable et avait du verser 109
400 euros aux scientologues victimes de ce déni.

Mais le procès a continué. Lorsque la juge d'instruction Moracchini a
été destituée de l'affaire, certains lui reprochaient une trop grande
complaisance vis à vis des scientologues (elle a été totalement blanchie
depuis par le Conseil Supérieur de la Magistrature).

Pourtant son successeur Jean-Christophe Hullin arrivera à la même
conclusion : il n'y a rien à traiter, cette affaire n'en est pas une et
le dossier est vide : non-lieu.

La Cour Européenne des Droits de l'Homme a elle aussi pris partie en
faveur de la Scientologie en 2007 en rendant un jugement condamnant la
Russie pour avoir refuser d'enregistrer l'Eglise de Scientologie comme
association religieuse. Un précédent qui fait craindre à Monsieur Fenech
et Monsieur Myard une ingérence possible de la Cour Européenne des
Droits de l'Homme dans leurs affaires.

Bref, de nombreuses interrogations sur les véritables motivations de nos
élus opposants à la liberté de conscience, sont confirmés par un article
de raphaël Logier, Directeur de l'observatoire du religieux, dans
l'édition du Monde du 4.03.08 dont je cite un extrait :

« L’ensemble des universitaires, des chercheurs au CNRS, sélectionnés et
appointés par la République pour étudier scientifiquement ces mouvements
seront d’abord légèrement blâmés en raison de leur réticence à pointer
le danger sectaire, puis ils seront carrément exclus de toute discussion,
et enfin accusés de trahir la République. Tous les chercheurs, sans
exception, je dis bien tous, quelles que soient leur appartenance
partisane ou leurs opinions politiques, tous les spécialistes du
religieux sont d’accord depuis trente ans pour dire que les listings
établis par les commissions parlementaires ainsi que les prétendues
enquêtes des missions interministérielles sont fantaisistes. »
(le Monde)

Pour ces raisons, et parce que de nombreuses personnes ont souffert de
la discrimination religieuse et des rumeurs répandues par une petite
minorité de parlementaires et d'élus, nous demandons au parlement la
constitution d'une Commission Parlementaire sur les ennemis de la
liberté de conscience afin que nous puissions découvrir leurs véritables
intentions et les raisons de leur mensonges perpétrés depuis plus de 15
ans sur le dos des contribuables à l'encontre de la liberté des individus.